Merci de ton intervention Suzanne .
C'est vrai qu'il y a quelques mois tu étais prise d'une très grande panique certainement bien au delà des peurs de Lyse

!!
Aujourd'hui tu parais beaucoup plus "apaisée"

.
Toutefois , tu ne me sembles pas encore avoir complètement fait le chemin pour "sauter l'obstacle" de la maladie de ton mari et voir les choses avec un optimisme complètement retrouvé .
Qu'est ce qui me fait dire cela ?

: tes propos morbides sur l'espérance de vie de ton mari .
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Quelque part, tu sembles avoir en tête , avec une certaine résignation me semble t il, que ton mari pourrait avoir une espérance de vie diminuée à cause de sa maladie.
Tu parles en effet de 20 ans avec l'espoir que cela pourrait être 30.
Certes ce qui a changé en toi positivement est que tu n'es plus paniquée comme au début par la crainte que ton mari s'effondre et disparaisse emporté par la maladie de façon certaine en peu de temps

.
Mais je sens toujours poindre chez toi l'idée que, certes, s'il vit plutôt bien aujourd'hui, malgré parfois de coups de pompe, sa vie pourrait être plus ou moins écourtée par sa maladie.
Aussi je me dois de réagir, car tu as encore du chemin à faire, pour toi, mais aussi et surtout pour aider ton mari à "apprivoiser" sa maladie.
Et ce sera aussi utile à Lyse ainsi que tous les autres qui nous lisent.
Rappelle toi : je t'avais écrit ceci dans un message d'il y a déjà quelque temps, je cite :
"..... tu as dit qu'il(ton mari) s'était mis dans la tête de ne pas en avoir pour plus de 20 ans à vivre ! Pourquoi s'est il mis cette fausse idée dans la tête ?
Aujourd'hui dans les pays développés les issues des maladies qui sont l'objet de notre association ne sont plus fatales !
A condition de suivre scrupuleusement les traitements prescrits, les soins apportés permettent de ralentir voire stopper la progression de la maladie; si celle-ci ne parvenait pas à être enrayée et que le stade de la cirrhose ne permettait plus une qualité de vie au malade et devenait dangereux pour sa vie, la greffe du foie serait là pour lui donner le moyen de continuer à vivre très bien.
Nous avons dans l'association quelques adhérents qui ont été greffés et qui vivent aujourd'hui très bien.
Mais comme cela a été déjà dit maintes fois, la greffe est un recours que finalement peu de malades ont eu ou auront car fort heureusement les diagnostics sont désormais plus précoces que par le passé, et les soins s'améliorent.
Aussi, il est important que Michel ait mieux confiance dans l'avenir et qu'il fasse ce travail sur lui-même que tous ceux qui te répondent ici sur le forum font ou ont fait.
Ce travail sur soi-même peut être plus ou moins long et difficile, mais c'est un élément psychologique important qui aide considérablement.
Il s'agit dans un premier temps de sortir de la période de l'état de choc à l'annonce de la maladie, puis progressivement "d'accepter" sa maladie, puis la "digérer" et en même temps la "dompter" un peu comme un homme qui, après avoir vécu douillettement dans un univers citadin bien organisé et sécurisé, se retrouverait brutalement seul en pleine nature, en milieu sauvage rempli d'animaux dangereux.
Après les peurs initiales, à force de d'apprentissage de sa nouvelle vie, à force de volonté et surtout de volonté de bien vivre, il pourra les maîtriser, les garder à distance grâce au fait qu'il connaît tout d'eux, qu'il prendra en compte les nouvelles contraintes que cela lui engendrera dans sa vie quotidienne;
Il apprendra aussi à être vigilant, et les précautions qu'il aura acquises lui seront des éléments naturels de sa vie.
Il s'appuiera aussi sur toute aide qui pourra lui être apportée: amitié avec les autochtones, les animaux domestiques etc...( pense aux romans d'aventure de notre enfance )....
Tout ces changements seront devenus des routines normales de sa vie, l'univers hostile qui l'entoure lui sera devenu familier et il s'en sera accommodé, et il aura atteint une sérénité qui lui fera éviter de paniquer à la moindre alerte...."
Il faut vraiment te persuader ,comme rappelé ci-dessus qu' aujourd'hui dans nos pays développés , on ne meure plus de "nos" maladies, même si celles-ci sont sérieuses

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Il y a d'ailleurs un "côté positif" à nos maladies ; eh oui , cela paraît paradoxal , mais c'est aussi une réalité! : les malades font plus attention à ce qu'ils mangent , ils vivent plus sainement depuis l'annonce de leur maladie, ménagent leur santé; bref ils améliorent en général leur hygiène de vie. De plus, ils sont suivis médicalement à intervalles très réguliers - à la différence des personnes dites bien portantes- et au moindre signe suspect, la réaction avec l'aide de la médecine est immédiate et on le sait en médecine plus les diagnostics sont précoces , meilleurs sont les pronostics que ce soit pour "nos" maladies ou pour d'autres !!
Enfin, je termine ce véritable plaidoyer contre tes pensées morbides, par ces éléments on ne peut plus concrets:
Depuis que l'association existe, quelques uns de nos adhérents sont décédés comme dans tout groupe humain, mais aucun n'est mort de sa maladie biliaire ( CBP ou CSP )! ; Notre ancien doyen par exemple dont nous avions fêté les 90 ans est mort à 91 ans de tout autre chose que sa CBP.
Aujourd'hui, notre doyenne , atteinte de CBP a 84 ans , plusieurs adhérentes ont plus de 80 ans , le plus vieil adhérent est atteint de CSP et a 79 ans ....
Tout cela c 'est vraiment du concret, non
Sais tu quelle est l'espérance moyenne de vie d'une personne vivant en France ?... 84 ans pour les femmes , 77 ans pour les hommes.
Au Canada, je ne connais pas les statistiques exactes mais cela doit être assez proche.
Alors convaincue, maintenant ?

; à toi de digérer encore tout cela car si rationnellemnt tu comprends mon message, tu dois encore psychologiquement travailler à chasser le reste de tes doutes et de tes peurs larvées ainsi que celles de ton mari ; je sais c'est long, mais persévère
Et puis ici tu trouveras la bonne humeur et le "peps" de beaucoup de nos intervenants =D> ; n'est ce pas Sylvie, Curieuse, Groseille , Bruno et les autres
