Bonjoir Daniel,
Merci pour ton retour à mon message, et oui, c'est vrai que j'étais très jeune quand j'ai choisi ce pseudo mais la gourmandise me suit toujours à telle point que je continue à l'utiliser à presque 30 ans
Je n'ai jamais oublié ce site dans le sens où j'ai continué à recevoir les questionnaire Albi concernant la CSP, mais il vrai que je n'étais pas venue voir le forum depuis des années.
À l'époque je ressentais une grande solitude dans ma maladie, je ne connaissais personne avec et l'idée de la greffe était tellement floue que j'avais besoin de réponse.
À l'heure actuelle l'équipe d'hepato qui me suit ma clairement fait comprendre qu'un jour il y aura regreffe. À l'annonce de la récidive j'étais vraiment très en colère. C'était un peu "tout ça pour ça"... Et et "pauvre nouveau foie, je l'aimais beaucoup et même lui je vais réussir à le bousiller".
Cependant, aujourd'hui j'arrive à relativiser. Car entre ma première CSP, de mes 15 à 21 ans, j'ai vraiment vécue dans une sorte d'attente. Je savais que j'allais un jour avoir une greffe mais je ne savais pas quand. Je faisais pas grand-chose dans ma vie... Je travaillais, etc, mais j'ai la sensation de ne pas avoir profité du tout.
Après la greffe ça a été la renaissance. Je suis partie faire un Erasmus en Irlande, j'ai voyagé, j'ai essayé des nouveaux loisirs, etc.
En 2020 quand j'ai eu mon cancer j'ai été triste de perdre à nouveau cette innocence de vie, car avec la greffe j'étais redevenue quelque peu insouciante et ça a été difficile de me rendre compte que tout n'était pas acquis. J'ai quand même réussi à lui mettre sa raclée à ce cancer, mais j'en suis sortie en étant sur mes gardes... Prête à entendre une autre dinguerie !
On me dit que parler du malheur attire le malheur mais je ne suis pas d'accord... Quand on prend l'habitude d'entendre des mauvaises nouvelles parfois vaut mieux s'y préparer mentalement
Et l'annonce de ma CSP est venue arroser tout ça. Fort heureusement j'ai un excellent suivi psy depuis des années, je peux y être suivie selon mes envies et quand je sens que je vais moins bien, hop, j'y retourne refaire un point !
Depuis ma récidive, mes médecins m'ont expliqué que ça ne se passerait pas comme la première fois. Effectivement je suis passée par des épreuves très douloureuses avant ma première greffe : ruptures de varices œsophagiennes avec ligatures au chu toutes les 3-4 semaines. Puis une péritonite appendiculaire compliquée d'un choc septique qui m'a valu un séjour en réanimation en 2017, aneantissant le peu de fonction hépatique qu'il me restait déjà à ce moment là
Je suis donc soulagée de savoir que si je dois me redigirer vers une nouvelle greffe, ça sera avec plus de douceur

... Normalement !
Après, il s'agit de mon vécu, j'ai conscience que tous ne sont pas passés par de telles choses, et que d'autres oui, en fait en écrivant j'ai peur de faire peur à quelqu'un... Je sais pas si je suis compréhensible dans ma démarche, si ce n'est pas le cas j'en suis désolée.
Pour finir, (oui car là clairement j'ai écrit un roman), je me sens stable psychologiquement, j'espère juste sincèrement gagner au loto un jour pour donner une grosse somme à la recherche de la CSP qui mériterait un bon coup de pouce !
Parfois je me demande comment et pourquoi cette maladie m'est tombé dessus à seulement 15 ans ? Pourquoi est elle revenue ? Et je rêve d'une vie où la CSP se guérit en quelques mois...
