Bonjour Quentin et bonjour tout le monde!
Ce forum est génial. Je remercie encore Primerose et Maribé de m'avoir répondu aussi rapidement suite à mon premier message. Et aujourd'hui je te remercie aussi Quentin pour ton long message. Il me touche d'autant plus que tu as la même maladie que moi et des symptômes similaires.
Ton message est très très complet et me donne énormément d'information. J'étais émue quand je l'ai lu hier... Je n'ai pas encore eu de réponse satisfaisante du corps médical alors la tienne m'a apporté beaucoup.
Je vais revenir sur mon cas depuis le début et répondre à tes questions
-On m'a diagnostiquée une RCH en janvier 2008. Suivi régulier et traitement par Pentasa depuis tout ce temps.
Maladie très bien vécue, sans poussées ni régime alimentaire spécifique, je vivais normalement jusqu'à maintenant.
-Début octobre 2017, alors que j'étais en Nouvelle-Zélande depuis 7 mois, j'ai eu soudainement, de terribles douleurs dans le haut de l'abdomen, bien au milieu (zone de l'épigastre, comme me l'a dit Primerose plus tard). Ces douleurs irradiaient dans la cage thoracique, la poitrine, le dos. C'était à peine supportable. Je me suis sentie mal pendant les 5 jours qui ont suivi. J'ai donc finalement vu un médecin généraliste. Ce médecin m'a dit que je faisais une jaunisse (j'avais bien vu des changements mais ne les expliquaient pas). Il m'a fait passé une echo du ventre, des prises de sang et finalement j'ai fait une IRM. C'est suite à l'IRM qu'on m'a diagnostiqué la CSP.
Bilan hépatique (mauvais) à ce moment là : Bili=128 / ALP=173 / GGT=224 / ALT=336
La jaunisse et les douleurs ont progressivement disparues, et mon bilan hépatique s'est amélioré.
Le gastro de Nouvelle Zélande n'a pas voulu instaurer de traitement (et de toute façon je préférais que le relais soit pris par mon médecin en France).
- je suis rentrée en France fin novembre 2017. Jusque là je n'avais été que très peu embêtée par les douleurs, j'ai fait une seule crise, pendant le voyage du retour.
- retour en France = grosse baisse de moral ... + les crises se sont multipliées, environ 1 fois par semaine, toujours aussi intenses.
- Bilan hépatique au 13 décembre 2017 : seuls les GGT étaient encore un peu haut (67) mais rien à voir avec avant donc c'était encourageant
- mi décembre, ma gastro-hépato (qui me suit depuis le début de la RCH), a programmé une ponction-biopsie hépatique pour confirmer ou écarter une possible HAI associée + une nouvelle IRM. C'est aussi à ce RDV là qu'elle m'a dit que les douleurs n'avaient pas de lien avec la CSP selon elle, que cette maladie n'était pas douloureuse. Quand je lui demandais d'où ça venait, elle ne répondait pas (ne sachant pas quoi me dire j'imagine...)
- résultat de la ponction-biospie = foie quasi normal donc pas de HAI (confirmé par des examens sanguins complémentaires (anticorps anti DNA, anti muscles lisses, etc...))
- résultat de l'IRM = confirme la CSP (par contre je n'arrive plus à savoir si les sténoses observées sont intra ou extra hépatiques)
- je n'ai pas passé de fibroscan (il me semble que c'est l'examen qui remplace la biopsie du foie non?)
- à la confirmation du diagnostique de CSP, ma gastro-hépato m'a fait démarrer un traitement à base de Cholurso (je ne suis pas encore à la dose maximale à ce jour).
- elle m'a également programmé une echo-endoscopie + fibroscopie afin de tenter de déterminer l'origine de mes douleurs, à ce moment là, elle soupçonnait des calculs.
- résultat de l'echo-endo = rien vu d'alarmant-> pas de rougeur, pas de tensions, pas d'inflammation ni d'ulcère. Une vésicule micro-lithiasique mais sans complication. Pas de lithiases dans le cholédoque.
=> donc ma gastro-hépato m'a dit "c'est plutôt rassurant, il n'y a pas lieu d'enlever la vésicule biliaire, de plus il faut attendre que le Cholurso soit à l'optimal".
=> sauf que moi, j'ai des douleurs qui me "pourrissent" mon quotidien, j'étais assez colère de me sentir "abandonnée" => suite à cet examen, elle m'a dit d'aller voir mon médecin traitant pour la gestion de la douleur et c'est tout. Je pense qu'elle estimait avoir fait tous les examens possibles dans sa sphère et que cela ne mettait rien de particulier en évidence pour comprendre l'origine des douleurs. Et je la soupçonne de croire que mes douleurs sont simplement liées au stress => ça, ça m'a mis en colère car pour moi il n'y a pas que ça!
- je suis donc allée voir mon médecin traitant, elle, elle m'entend et me croit.
- bilan hépatique au 24 janvier 2018 = beaucoup moins bon : GOT=14 / GPT=45 / GGT=244 / ALP=113 (lipasémie OK)
- les crises continuant et le bilan hépatique s'étant un peu détérioré, elle m'a conseillé de revoir ma gastro-hépato (mon médecin traitant soupçonnait alors des poussées de colite hépatique liées aux calculs). Ma gastro-hépato étant absente ce mois-ci, je suis allée voir un de ses associés
-> et c'est lui qui m'a dit que "si, si, c'est bien la vésicule" et qu' "il faut l'enlever".
-> ayant eu 2 versions différentes (lui "pour" et ma gastro "contre"), je lui ai demandé de discuter de mon cas avec ses confrères -> il m'a rappelé en me disant qu'il fallait bien enlever la vésicule.
=> c'est pour cela que l'opération a été reprogrammée. J'ai RDV avec le chirurgien lundi prochain. Je vais y aller pour voir un autre avis et lui poser des questions mais je ne vais pas programmer l'opération pour le moment.
Et dernier retournement de situation:
- lundi dernier, je suis allée consulter un autre hépatologue (un 3ème donc), dans un autre établissement (au CHU de Nantes cette fois), et ça a été un tout autre discours :
-> elle, elle m'a dit qu'elle n'était pas étonnée que j'ai des douleurs avec ma CSP (première nouvelle pour moi, jusque là!). De plus, lors de la consultation elle cherchait vraiment d'où les douleurs pouvaient venir : soit des calculs dans la vésicule (mais elle n'est pas du tout convaincue par cela, donc ça rejoint ce que tu disais Quentin), soit des sténoses dans les voies biliaires qui créent des inflammations. Elle a aussi été interpellée par le fait que sur le Compte rendu de l'IRM, il est dit que ma vésicule est de grande taille, alors elle soupçonne une sténose qui ferait que la vésicule s'engorge et grossit et créé une inflammation.
Bref, elle va parler de mon cas en staff et doit me rappeler milieu de semaine prochaine. Elle m'a également parlé de la possibilité d'aller mettre une prothèse en plastique au niveau de la sténose pour maintenir le conduit écarté et donc éviter ces douleurs. C'est une solution, donc je prends, à voir ce qu'ils me conseillent de faire. Apparemment ça a fonctionné sur des patients qu'elle suit.
Je pense que je vais me faire suivre par ce spécialiste plutôt que celle qui me suit depuis le début de ma RCH, car je trouve qu'elle cherche, qu'elle va plus loin et elle prend vraiment en considération mes douleurs. De plus le CHU de Nantes est un centre de compétences, donc je me dis qu'ils sont peut être plus au courant de ces maladies.
Je suis désolée pour ce pavé, mais je me dis que c'est sans doute plus clair comme ça.
Comment a été diagnostiqué ta CSP toi Quentin? Tu as passé une IRM après ta pancréatite et ils ont remarqué la maladie à ce moment là? Pourquoi es-tu suivi à la fois à Paris et à Marseille? On m'a parlé d'un hépato à Marseille, dans cet hôpital. Si ça n'avance pas ici à Nantes, j'irai peut être voir ailleurs. Je veux avancer...
Tes médecins ont mis un nom sur tes crises douloureuses, par contre ils n'ont proposé aucun "remède" à ce que j'ai compris?
Crois-tu qu'il va falloir que l'on vive avec ces douleurs toute notre vie?
Aujourd'hui, j'accepte très mal l'idée de peut-être devoir vivre avec des douleurs chroniques. Elles sont handicapantes (aujourd'hui j'en ai au moins une par semaine, je suis au maximum tranquille 8 jours de suite sans douleur, par contre elles sont moins intenses qu'au début).
Qu'en est-il pour toi ?
Merci pour ton conseil concernant la plante africaine. J'ai aussi entendu parlé de chardon marie. Je pense que je vais aller voir un naturopathe aussi.
Concernant l'alimentation, j'ai tendance à manger moins de viande, moins de graisse (j'ai arrêté complètement les graisses cuites), 0 alcool. Qu'a tu adopté comme régime concrètement?
Je vais continuer dans ma lancée du zen. Je fais de la méditation, je vais peut être aussi essayé le yoga, cela fait longtemps que j'en ai envie.
J'ai bien conscience que tous ces "à côté" devraient nous apporter du mieux-être. Je veux y croire!
Je suis désolée pour ces questions, j'espère que cela ne t'embêtera pas d'y répondre (si certaines sont trop indiscrètes, ne te sens pas obligé d'y répondre bien sûr). C'est juste que nous avons la même maladie et c'est bon de ne pas se sentir seule.
Je suis moins informée que toi sur tout ça, mais si je peux t'apporter du soutien à mon tour, je le ferai avec plaisir
A bientôt!