Cette question concernant l'hérédité de nos maladies est récurrente et bien compréhensible concernant la descendance des personnes malades.
Sylvie-Sky n'a en effet que partiellement raison et Tess a raison de souligner en quoi elle se trompe.
"Nos" maladies ne sont pas héréditaires en ce sens qu’un malade atteint de CBP, CSP ou HAI ne tranmettra pas de façon « automatique » la maladie dont il( elle) est atteint(e).
En ce sens, Sylvie-Sky a raison de dire que nos maladies ne sont pas héréditaires.
Mais elle a tord de dire que les enfants d’une personne malade n’ont pas une probabilité plus grande de développer la même maladie que celle du père ou de la mère : il est prouvé statistiquement que la probabilité mathématique de développer l’une de nos maladies est plus forte dans la relation parents-enfants si l’un des parents est malade que pour le reste de la population.
Ce sujet a déjà été abordé ; voici le lien correspondant :
viewtopic.php?f=11&t=809&p=4294&hilit=hérédité#p4269
Et je recopie ici les extraits les plus importants des deux réponses que j’avais faites à la même question il y a quelques années et qui restent valables :
«…. les scientifiques sont d'accord qu'un certain "terrain génétique" favorise l'apparition des maladies biliaires ; ceci a été démontré statistiquement par des études américaines et françaises.
Qu'est ce que cela veut dire, "terrain génétique" ?
je ne suis pas du tout médecin mais ce que j'ai compris en termes simples des explications données par les spécialistes, c'est que cela ne veut pas dire que les gènes des personnes atteintes de ces maladies sont "anormaux" et que de ce fait génétique ces personnes développent une maladie par exemple telle que la CBP , ce qui ferait que "nos maladies" seraient donc d'origine génétique comme peuvent l'être des maladies telles que le nanisme, ou le mongolisme ( trisomie 21) .
Avoir un "terrain génétique favorable" signifie donc que suite à des agressions extérieures (virus, agents chimiques , etc..) certaines personnes ayant un certain patrimoine génétique en quelque sorte "plus fragile" vis à vis de ces agressions pourraient voir leur système immunitaire se dérégler et développer l'une de nos maladies...
En d'autres termes; cette notion de terrain génétique est une notion de risque statistique.
Les spécialistes ont en effet estimé que le risque lié au terrain génétique familial sur la fréquence de la CBP est de l'ordre de 5 à 10% alors que dans la population française en général ce risque est de l'ordre de 1/10000; le risque de développer une CBP au sein d'une famille où une personne a déjà été diagnostiquée atteinte de la maladie est donc entre 500 et 1000 fois plus grand que pour la population française en général; mais il faut noter qu'il reste quand même bien limité.
C'est pourquoi, le Professeur Poupon lors d'une conférence faite aux adhérents d'albi a préconisé de faire faire un dépistage des anticorps anti-mitochondries sur les parents de premier degré de la personne atteinte de CBP ( enfants -de plus de 25 ans-, frères, soeurs, parents.).
Idéalement les spécialistes considèrent que ce dépistage devrait aussi se faire pour les autres maladies ( CSP, HAI) mais du fait d'absence de marqueur de ces maladies, ainsi que du fait de la possibilité de la maladie pour des enfants ( dans le cas de la CSP), le dépistage est plus difficile à mettre en oeuvre…. »
Dans le même fil un peu plus loin , une précision sur ce sujet:
« … Ton gastroentérologue te dit , je cite tes propos, "... qu'il n existe pas de formes familiales de la CBP..." .
Je suis désolé, mais ce que te dit ton gastro ne me semble pas une réponse appropriée à tes questions.
Si sa réponse veut dire que si, comme c'est le cas, tu as une CBP, ta soeur n'a pas AUTOMATIQUEMENT par hérédité familiale une CBP, cela est juste selon les études scientifiques qui ont été faites sur la question comme je l'ai rapporté dans ce fil.
Mais si sa réponse vague est interprétée par toi de façon rassurante comme quoi ta soeur n'a pas plus de risque de contracter une CBP que la première personne inconnue que tu rencontres dans la rue, cette interprétation n'est pas en accord avec la position du Professeur Poupon que je t'ai signalée! .
Tes frères et soeurs tes enfants, ont entre 500 et 1000 fois plus de risques de développer une CBP que l'inconnu que tu croises dans la rue, mais il ne faut pas non plus paniquer car ce risque est évalué par les scientifiques entre 5 et 10% comme je te l'ai rapporté précédemment. »
Par ailleurs il a été aussi prouvé statistiquement que même si les enfants ne développent pas la même maladie autoimmune, ils peuvent développer une autre maladie auto immune touchant un autre organe…
Mais la encore il ne faut pas paniquer, ce n est pas automatique.
J’espère que ceci est clair pour tout le monde.