Rassure toi, Noeme, les Centres de compétences ne chôment pas! En effet, ils n'ont pas été créés de toutes pièces : c'est parce qu'ils étaient déjà connus pour leurs compétences dans les maladies qui nous concernent qu'ils ont été référencés sur d'ailleurs candidature de leur part! Le problème n est pas de les faire vivre ; le problème vient du fait que nos chers bureaucrates du ministère de la santé semblent avoir oublié une chose importante:
1) il existe deux médecines en France: l'hôpital public et la médecine libérale ( médecins de ville et cliniques privées); par conséquent si les centres de compétences sont tous des hôpitaux publics, il est nécessaire pour améliorer le parcours de soins pour les maladies rares , dont "les nôtres" d'en informer la médecine libérale, ce qui n'a pas été fait ou très insuffisamment : aucune campagne de communication à notre connaissance.
Or les médecins généralistes traditionnellement établissent lors de leur installation un réseau de spécialistes libéraux avec qui ils travaillent: ils adresseront donc en cas de problèmes hépatiques leurs patients à un gastroentérologue libéral de leur réseau.
Mais nous avons aussi constaté qu'une majorité de gastroentérologues et médecins généralistes ne connaissent ni le plan "maladies rares" ni les centres de références et de compétences. Attention cela ne veut pas dire que les gastroentérologues libéraux ne savent pas soigner nos maladies; nous avons au sein de l'association des personnes qui sont très bien diagnostiquées et soignées hors des centres de référence et de compétences par des spécialistes libéraux, et c'est très bien ainsi.
Mais comme nous l'avons dit de nombreuses fois, statistiquement et en moyenne, un gastroentérologue ne verra dans toute sa carrière professionnelle que 4 malades atteints de CBP , moins de deux malades atteints de CSP et moins de deux atteints de HAI !!! Tout en étant un excellent praticien, lorsque l'on a aussi peu de cas , comment peut on acquérir la même expérience que ceux qui en ont vu des dizaines , des centaines, voire plus ; tout le monde sait que dans n'importe quel métier, il faut à la fois de la connaissance et de la compétence de départ, mais que celles ci augmentent de manière importante avec l'expérience pratique.
Cette statistique est une moyenne et il y a donc des praticiens qui voient plus de malades et d'autres moins; l'idée des centres de Références et des Centres de compétences est justement de permettre aux praticiens qui, soit n'ont pas d'expérience, ou soit ont de doutes sur tel ou tel cas, de "passer la main" à des collègues qui ont acquis cette expérience nécessaire: pour éviter l'errance diagnostique, et améliorer le sort des malades ....
Encore faut il que ceci soit connu

et appliqué

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C'est aussi un des rôles de notre association de modestement contribuer à améliorer le parcours de soins des malades atteints de "nos maladies".
Seulement il ne faut pas idéaliser les spécialistes: les spécialistes quelqu'ils soient sont des gens très occupés , quelques soient leurs compétences techniques , il n'ont pas toujours ni le tempérament ni le temps de communiquer avec leurs patients selon leurs attentes . D'où notre recommandation que nous faisons auprès des malades de bien préparer leurs consultations ( voir notre site) et de prépare rà l'avance les questions essentielles que vous souhaitez poser; et là aussi sachez que nos maladies étant encore largement mal connues , il n'y a pas à ce jour des réponses scientifiquement reconnues à toutes les questions

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Pour le reste, l'angoisse, la dépression , l'isolement et le sentiment de solitude, hélas les hépatologues, en dépit de leurs compétences vous aideront rarement suffisamment; l'association répond en partie à l'objectif d'aider les malades à partager , briser leur solitude, à mieux comprendre leur maladie, à les conseiller en faisant partager l'expérience de plusieurs centaines de malades ; mais là encore , ce n'est pas suffisant : d'où l'étude sur le vécu psychologique des malades que nous avons entreprise avec l'université Paris- Descartes dont les premiers résultats devraient pouvoir être présentés lors de notre réunion du 20 avril 2013
